NM 06.8.001 : la norme des lampadaires solaires au Maroc
Norme NM 06.8.001 clause par clause : ≥ 130 lm/W, 16 h à 40 % du flux, batterie ≥ 5 ans, panneau à 3 m, marquage, manuel en arabe. Ce qu'un CPS doit exiger.

La norme NM 06.8.001 « Lampadaires solaires LED pour l'éclairage public – Exigences générales » (IMANOR, 2024) est le premier texte marocain qui fixe ce qu'un lampadaire solaire doit prouver : une efficacité lumineuse ≥ 130 lm/W, une autonomie testée 16 h en continu à ≥ 40 % du flux, un régulateur et une batterie conçus pour ≥ 5 ans de service, un panneau dont le bord inférieur est à ≥ 3 m du sol. Depuis la loi 12-06 et le décret 2-22-431, la référence aux normes NM est obligatoire dans les marchés publics : un CPS d'éclairage public solaire qui ne la cite pas est incomplet. Ce guide explique chaque clause en langage de bureau d'études et de service technique communal.
Qu'est-ce que la norme NM 06.8.001 et qui l'a rédigée ?
NM 06.8.001 est une norme marocaine élaborée par le comité technique CN 033 « Produits électriques » de l'IMANOR (Institut Marocain de Normalisation), classée ICS 93.080.40 ; son projet a été soumis à l'enquête publique EP 52/2024, close le 30 septembre 2024. Elle ne remplace pas les normes de luminaires existantes : elle les assemble. Le luminaire reste jugé selon NM IEC 60598-1 et NM EN 60598-2-3, les modules LED selon NM IEC 62717 et NM EN 62031, le panneau selon NM CEI 61215 et 61730, la batterie selon NM CEI 61427-1 et NM CEI 62133 pour le LiFePO4, et le niveau d'éclairement selon la classe NM EN 13201 choisie par le maître d'ouvrage. Pour une commune, une liste de normes éparses devient un cahier d'exigences unique que l'on cite en une ligne. Précision de méthode : les numéros de clauses ci-dessous viennent du projet soumis à enquête (septembre 2024) ; le texte homologué s'achète auprès de l'IMANOR et ses seuils doivent être vérifiés avant d'être figés dans un CPS.
Quels lampadaires solaires entrent dans son champ d'application ?
Le champ (§1 et §3.1 du projet) couvre les lampadaires solaires à LED conçus pour atteindre une classe d'éclairage NM EN 13201 prédéfinie, sur voirie publique. Trois points comptent pour un acheteur :
- les installations neuves et les modules tout-en-un montés sur des mâts existants sont couverts : rénover un mât sodium avec une tête solaire relève de la norme ;
- les luminaires solaires fixés en façade sont exclus ;
- une alimentation de secours par le réseau (hybride) est admise.
Autrement dit, un projecteur solaire de cour de ferme ou une applique de résidence ne relève pas de NM 06.8.001 ; une tête solaire posée sur un candélabre communal, si.
Que doivent prouver le luminaire et ses modules LED ?
Le §5.1 exige une efficacité lumineuse du luminaire complet ≥ 130 lm/W, mesurée selon NM IEC 62722-2-1 — c'est-à-dire le flux qui sort réellement du luminaire divisé par la puissance absorbée, et non l'efficacité des puces LED. Un module LED de 180–220 lm/W ne garantit pas à lui seul 130 lm/W au niveau du luminaire une fois comptées les pertes d'optique, de driver et de température : demandez le rapport d'essai du luminaire, pas la fiche du fabricant de diodes. Les modules LED doivent répondre à NM IEC 62717 (performance) et NM EN 62031 (sécurité) ; la norme renvoie aussi aux textes CEM et de photobiologie (NM IEC 61547, NM EN 55015, NM EN 62493, NM EN 62471).
Panneau photovoltaïque : pourquoi la barre des 3 m ?
Le §5.2 impose des modules certifiés NM CEI 61215 (performance) et 61730 (sécurité) et une règle d'implantation simple : le bord le plus bas du panneau doit se trouver à au moins 3 m au-dessus du sol fini, contre le vandalisme et le vol, mais aussi contre l'ombrage par les véhicules, les haies et les constructions. Sur un module tout-en-un, la règle est remplie dès que le mât fait 4 m ; sur un kit à panneau séparé, elle dicte la hauteur du support de panneau, pas seulement celle du luminaire.
Que doit savoir faire le régulateur de charge ?
Le §5.3 est la clause la plus exigeante pour les produits d'entrée de gamme. Le régulateur (NM CEI 62509, NM IEC 62093) doit offrir une gradation de 0 à 100 %, une horloge astronomique et une gradation automatique adaptée à la météo, calculée à partir de la longueur de la nuit et de l'énergie restante dans la batterie ; sa sortie peut aller jusqu'à 48 V CC et sa durée de service doit être ≥ 5 ans. Un nœud de télégestion (NM IEC 62386) reste optionnel. Concrètement, un lampadaire qui s'allume à pleine puissance jusqu'à vider sa batterie ne peut pas être conforme : la norme exige qu'il « raisonne » en Wh disponibles.
Batterie et autonomie : que signifie « 16 h à 40 % » ?
Le §5.4 définit l'autonomie par un essai reproductible : 16 h de fonctionnement continu à au moins 40 % du flux lumineux nominal, à 25 °C, selon NM IEC 62722-2-1. Ce n'est pas « trois nuits de pluie » : c'est un essai de laboratoire, comparable d'une offre à l'autre. La tension nominale doit être comprise entre 12 et 48 V CC, la durée de service ≥ 5 ans, et la technologie doit répondre à sa propre norme (LiFePO4 et Li-ion : NM CEI 62133 ; gel : NM EN 60896-22). Trois emplacements sont admis : coffret au pied du mât, massif béton, ou luminaire et module PV, à condition d'y accéder sans démonter le panneau. Avec 35 à 39 °C de maximale moyenne du mois le plus chaud à Fès, Marrakech ou Ouarzazate, l'emplacement de la batterie est un choix de durée de vie, pas un détail.
Tableau : les exigences chiffrées du projet NM 06.8.001
| Exigence | Valeur du projet (sept. 2024) | Clause | Pièce à exiger dans le CPS |
|---|---|---|---|
| Efficacité du luminaire | ≥ 130 lm/W (NM IEC 62722-2-1) | §5.1 | Rapport photométrique du luminaire complet |
| Bord bas du panneau PV | ≥ 3 m au-dessus du sol fini | §5.2 | Plan de montage coté |
| Régulateur | Gradation 0–100 %, horloge astronomique, adaptation météo, ≤ 48 V CC, ≥ 5 ans | §5.3 | Fiche et profil par défaut |
| Essai d'autonomie | 16 h continues à ≥ 40 % du flux, 25 °C | §5.4 | Rapport d'essai |
| Batterie | 12–48 V CC, ≥ 5 ans, pied de mât, massif ou luminaire | §5.4 | Type, V, Ah, Wh, plan d'accès |
| Mât | NM EN 40-4/-5/-6/-7 ou NM EN 14229, galvanisé NM ISO 1461 | §5.7 | Certificat de galvanisation, note de calcul |
| IP et IK | « spécifiés par le client » | §7 | IP66 / IK08 littoral, IP65 / IK08 intérieur (recommandation LALOGO) |
| Marquage et manuel | ID unique, marque, année, batterie, « NM 06.8.001 » ; manuel au moins en arabe | §9, §10 | Photo de la plaque ; manuel avec performances saisonnières |
Mâts, IP/IK et installation : ce que la norme laisse au client
Le §5.7 renvoie les mâts métalliques aux NM EN 40-4 à -7 (acier, aluminium) ou NM EN 14229, galvanisés à chaud selon NM ISO 1461, avec une classe de corrosivité choisie selon NM ISO 12944 ; l'installation suit NM 06.1.004. En revanche, les indices IP et IK sont « spécifiés par le client » (§7) : un CPS muet n'exige rien. Notre recommandation, à écrire noir sur blanc : IP66 et IK08 pour les lots littoraux (Casablanca, Mohammedia, El Jadida, Agadir), IP65 et IK08 à l'intérieur des terres, avec un rapport NM EN 60529 / NM EN 62262 à l'appui. Rappel douanier utile au montage financier : le mât est d'origine marocaine (sauvegarde de 25 % sur les mâts importés, HS 7308.90.10) ; le classement douanier du luminaire est confirmé par notre transitaire.
Marquage et manuel : les clauses que les réceptions oublient
Le §9 impose, sur le mât ou sur le module tout-en-un, un identifiant unique, la marque de celui qui met le produit sur le marché, l'année de fabrication, l'identification de la batterie et la mention « NM 06.8.001 ». Le §10 exige un manuel d'exploitation et de maintenance rédigé au moins en arabe : schéma-bloc, type, tension et capacité de la batterie, régime de charge et de décharge, montage, isolement d'urgence, nettoyage et performances attendues selon la saison. Pour une commune, ces deux clauses fondent le registre de maintenance : sans identifiant par mât, impossible de savoir quelle batterie a été remplacée et quand.
Pourquoi la référence NM est-elle obligatoire dans un appel d'offres ?
L'article 35 de la loi 12-06 relative à la normalisation et l'article 5 du décret 2-22-431 relatif aux marchés publics imposent la référence aux normes marocaines dans les prescriptions techniques des marchés publics. Le guide IMANOR « Application des normes dans les marchés publics – Éclairage public » (février 2026) rappelle l'enjeu : l'éclairage public représente 30 à 40 % de la consommation d'énergie d'une collectivité territoriale et en est généralement le premier poste budgétaire. Deux marquages ne doivent pas être confondus : la marque NM est une certification volontaire délivrée par l'IMANOR ; le marquage Cم (loi 24-09, arrêté 3228-13, arrêtés 2573-14 basse tension et 2574-14 CEM) est obligatoire et s'accompagne d'une déclaration de conformité du fournisseur. Pour transformer ces exigences en clauses prêtes à copier, voir notre guide du cahier des charges.
Où en est LALOGO par rapport à NM 06.8.001 ?
Nos lampadaires solaires tout-en-un LS-A60 à LS-A140 et nos kits à panneau séparé LS-S60 à LS-S120 sont conçus pour ces références : modules LED de 180–220 lm/W, batteries LiFePO4 remplaçables (3,2 V intégrées sur le tout-en-un, 12,8 V en coffret de pied de mât sur les kits séparés), régulateur MPPT avec profil horaire et gradation programmables, capteur crépusculaire et détecteur PIR. Le dossier NM 06.8.001 de la gamme est en cours : nous ne revendiquons aucune conformité tant que les rapports d'essai n'existent pas, et les valeurs non encore mesurées (efficacité du luminaire complet, IK, essai 16 h) sont « sur demande ». L'autonomie annoncée reste « jusqu'à 12 h par nuit, 3–5 jours de réserve au profil par défaut » ; l'autonomie dépend de l'ensoleillement (dimensionnement sur décembre) et du profil de gradation.
Ce qu'il faut retenir
- NM 06.8.001 (2024) couvre les lampadaires solaires LED d'éclairage public, neufs ou en tête tout-en-un sur mât existant ; les appliques de façade sont hors champ.
- Quatre chiffres à exiger : ≥ 130 lm/W (luminaire complet), 16 h à ≥ 40 % du flux à 25 °C, ≥ 5 ans de service pour régulateur et batterie, panneau à ≥ 3 m du sol.
- IP et IK sont à spécifier par le client ; sans valeur écrite dans le CPS, il n'y a pas d'exigence.
- La référence aux normes NM est obligatoire dans les marchés publics (loi 12-06 art. 35, décret 2-22-431 art. 5) ; le marquage Cم est obligatoire, la marque NM volontaire.
- Les clauses citées viennent du projet de septembre 2024 : achetez le texte homologué auprès de l'IMANOR avant de figer un CPS.
Sources
- IMANOR, catalogue, NM 06.8.001 — imanor.gov.ma
- IMANOR, enquête publique EP 52/2024 — imanor.gov.ma
- IMANOR, projet PNM 06.8.001 (DC-30-09-2024) — PDF
- IMANOR, Guide « Application des normes dans les marchés publics – Éclairage public », février 2026 — PDF
- MCINET, produits soumis au marquage Cم — mcinet.gov.ma
- Le360, mesures de sauvegarde sur les candélabres d'éclairage public — fr.le360.ma


